Cellules souches : aspects fondamentaux et aspects thérapeutiques
Si le corps humain est constitué d’un ensemble très complexe de près de plus de 200 types cellulaires différents, les cellules souches sont un type cellulaire qui présente des propriétés uniques et fondamentales d’auto-renouvellement et de différenciation pour générer des cellules différenciées. Ces cellules assurent à la fois le développement de l’organisme, son maintien et son homéostasie tout au long de la vie de l’individu. On peut surtout caractériser les cellules souches selon leur origine, pluripotentes embryonnaires si dérivées d’embryons, adultes tissulaires si obtenues de tissus ou encore obtenues par reprogrammation somatique, véritable révolution technologique dans le domaine des cellules souches. Cette dernière approche permet surtout d’obtenir des cellules souches pluripotentes humaines induites à partir de simples biopsies en évitant les questions éthiques relatives à l’utilisation d’embryons humains. L’ensemble de ces cellules souches ouvre de multiples perspectives d’utilisation à la fois au niveau de la médecine régénérative, d’études génétiques, toxicologiques, etc…
Plus récemment, le développement des organoïdes – structures tri-dimensionnelles auto-organisées- à partir de ces différents types de cellules souches vise à produire de nouveaux modèles cellulaires originaux qui essayent de mimer les tissus d’intérêt avec leur architecture, leur composition et certaines de leurs fonctions. Toutes ces avancées technologiques contribuent également à diminuer l’expérimentation animale et participent à une meilleure compréhension des mécanismes fondamentaux du développement normal et pathologique.
La première application thérapeutique, chez un malade, de cellules souches a été rapportée dans la littérature médicale en 2010. Depuis plus de 1200 patients ont été décrits avec de tels essais thérapeutiques et les diverses indications ont été au nombre de 34.
La dégénérescence maculaire liée à l’âge a pu bénéficier d’une amélioration très perceptible. D’autres maladies ophtalmologiques ont été également traitées, telles les rétinites pigmentaires. Dans la maladie de Parkinson un effet modéré a été enregistré ainsi que dans des lésions de la moelle épinière. Dans l’épilepsie, le nombre de crises a beaucoup diminué. D’intéressants résultats ont aussi été enregistrés en cardiologie, dans l’atrophie musculaire de Duchenne, le diabète de type I, des maladies hépatiques , des maladies auto-immunes, des cancers, etc.
Les applications potentielles se multiplient, avec des cellules souches embryonnaires ou des cellules souches provenant de cellules adultes reprogrammées. Des inductions de tolérance immunologiques ont été tentées, en vue de la protection de greffes d’organes et, à l’avenir, des organes pourront être réalisés en 3D à partir de cellules souches pour la pratique de greffes. Il s’agit donc d’un domaine prometteur, en expansion, susceptible d’apporter des bénéfices dans les divers secteurs de la médecine.

