Vaccins & vaccination anti COVID-19

 

Le principe des vaccins contre la Covid-19 est de permettre au système immunitaire de déclencher une réponse immune spécifique contre le SARS-CoV-2 et de le neutraliser avant qu’il n’ait le temps de développer la maladie Covid-19 (ou d’en atténuer les conséquences). La majorité des vaccins en développement ciblent la protéine spike du virus (aussi appelée « protéine spicule » ou « protéine S »). Cette protéine est située à la surface de l’enveloppe du SARS-CoV-2 et lui permet de se fixer à un récepteur cellulaire puis de pénétrer dans les cellules : son rôle dans l’infection est donc central. 

 

Différentes technologies vaccinales sont utilisées comme vaccins contre la Covid-19. Elles sont de 2 types : 

  1. Les technologies classiques, basées sur l’utilisation d’un virus entier et inactivé, ici le SARS-CoV-2 (plusieurs vaccins développés par des consortiums chinois utilisent cette stratégie), ou basée sur l’utilisation d’une partie seulement du virus (le plus souvent une protéine, ici la protéine S) (ex : vaccins de Novavax et de Sanofi-GSK), associé à un adjuvant de l’immunité. 

  2. Les « nouvelles » technologies, basées sur : 

  • L’utilisation d’acide nucléique « pur » (ADN ou ARN), c’est à dire la séquence génétique d’une protéine-cible : ici la protéine S (ex : vaccins à ARN développés par Moderna-NIH et par Pfizer-BioNTech, et vaccins à ADN) ; 

  • Ou l’utilisation d’un vecteur viral dans le génome duquel on a inséré le gène de la protéine-cible, ici la protéine S du SARS-CoV-2 (ex : vaccins développés par l’Université d’Oxford-AstraZeneca, Johnson & Johnson/Janssen, les vaccins de Merck-Institut Pasteur, le vaccin Spoutnik V de Gamaleya développé en Russie, le vaccin de CanSinoBio développé en Chine …). 

 

Avant l'arrivée de la pandémie de Covid-19, les plateformes de vaccination de type acide nucléique (ADN, ARN) avaient déjà été largement étudiée contre le virus Zika, le virus de la rage et le VIH, mais aussi contre les coronavirus SARS-CoV-1 et MERS-CoV sur des modèles animaux et dans des essais cliniques de phase 1 et 2. De plus, le séquençage des gènes du SARS-CoV-2 est disponible depuis janvier 2020. Tous les critères de qualité des essais cliniques ont alors été respectés (pré cliniques, essais cliniques, tolérance), mais toutes les étapes « bureaucratiques » et « administratives » ont été accélérées. Enfin, le dossier en regard du contexte mondial de l’épidémie a été jugé prioritaire par les autorités d’évaluation et un temps précieux a également été économisé (les éléments d’évaluation étaient transmis au fil de l’eau aux Agences).

 

Notons qu’il existe une information fausse qui circule sur internet, selon laquelle l’ARN viral peut être transcrit par des rétrovirus endogènes. Les rétrovirus sont des virus à ARN capables de « transcrire à l’envers » leur ARN en ADN grâce à une enzyme très particulière qu’ils possèdent, la transcriptase inverse. C’est le cas par exemple du VIH (virus du Sida), qui peut retro-transcrire son ARN en ADN à l’aide de sa transcriptase inverse, puis l’intégrer dans le génome par l’intermédiaire d’une autre enzyme, l’intégrase. Notre génome contient des reliquats de virus qui avaient infecté nos lointains ancêtres, il y a des centaines de milliers d’années : on les appelle des rétrovirus endogènes. Ces séquences sont souvent considérées comme des fossiles : elles ne peuvent pas donner naissance à une transcriptase inverse ni à une intégrase. Il n’y a donc pas de possibilité que l’ARN des vaccins donne naissance à de séquences d’ADN et soit intégré dans le génome de la cellule hôte.

 

Conclusion : intérêt de la Vaccination

 

L’immunité collective que l’on obtiendrait avec l’histoire naturelle de la maladie et la contamination successive des individus nécessiterait au moins une année, il s’agit donc de gagner du temps pour sortir plus rapidement de cette crise sanitaire et éloigner la menace de confinements successifs. Enfin, nous ne disposons toujours pas d’un traitement spécifique de la maladie COVID 19. 

Une campagne vaccinale n’est efficace que si l’on vaccine beaucoup de monde en très peu de temps….

C’est dans cette logique que les Hospices Civils de Lyon (HCL) participent activement à la campagne de vaccination contre la Covid-19. La Pharmacie centrale des HCL contribue au déploiement de la campagne au profit des groupements hospitaliers des HCL, de l’ensemble des établissements de notre groupement hospitalier de territoire, des établissements publics et privés de Lyon et d’une grande partie de la région, des centres de vaccinations de la région (tel que le centre de vaccination de Gerland) ….  

La campagne de vaccination telle qu’elle est menée est un remarquable exemple de collaboration entre les principaux acteurs de la Santé Publique Lyonnaise !

 

Pr Claude Dussart

Coordinateur de la campagne de vaccination contre la Covid-19 / HCL

Chef de service, Pharmacie et Stérilisation Centrales, Hospices Civils de Lyon

Directeur, Laboratoire P2S « Parcours Santé Systémique » EA 4129 Université Claude Bernard Lyon 1

Département de Santé Publique, Institut des Sciences Pharmaceutiques de Lyon -Faculté de Pharmacie

 

Résumé concernant le vaccin Pfizer & BioNTech 

  • Ce vaccin est utilisé pour prévenir la Covid-19, maladie provoquée par le virus SARS-CoV-2.

  • Ce vaccin peut être administré chez les personne âgées de 16 ans et plus.

  • Ce vaccin utilise la technologie de l’ARN messager (ARNm). 

  • Cet ARNm permet l’expression directe et transitoire de l’antigène S du SARS-CoV-2. 

  • Le vaccin induit à la fois la production d’anticorps neutralisants et une immunité cellulaire en réponse à l’antigène Spike (S), pouvant contribuer à la protection contre la Covid-19.

  • Deux injections par voie intramusculaire dans le muscle deltoïde (épaule) espacées de 21 jours (le délai pouvant être porté à 6 semaines) sont nécessaires pour être immunisé. L’immunité conférée après une seule dose est insuffisante.

  • L’ARNm utilisé est un ARNm de synthèse (non directement issu d’un virus) qui est inclus dans des nanoparticules lipidiques.

  • Cet ARNm est non réplicatif dans les cellules-hôtes c’est-à-dire qu’il ne peut pas se multiplier ni modifier le génome de vos cellules.

  • Le vaccin ne peut pas provoquer d’infection par le virus SARS-CoV-2 (la Covid-19).

  • Le vaccin n’est pas contre-indiqué en cas d’immunodépression, mais il est susceptible d’avoir une moindre efficacité dans cette situation.

  • Les essais cliniques ont montré que le vaccin assure une protection de 95% contre la COVID-19.

  • Le vaccin a été autorisé par l’Agence Européenne du Médicament (EMA) et l’ANSM. 

  • Le bénéfice à se faire vacciner est supérieur aux risques d’éventuels d’effets secondaires, dans l’immense majorité des cas,

  • C’est compte-tenu d’une excellente balance bénéfice risque que la vaccination est recommandée. 

  • La protection débute 12 jours après la première dose mais elle est insuffisante et doit être complétée par une seconde dose indispensable trois semaines plus tard, le délai pouvant être porté à 6 semaines. 

  • Vous ne devez pas recevoir Comirnaty si vous êtes allergique à la substance active ou à l’un des autres composants contenus dans ce médicament (mentionnés dans la rubrique 6 du RCP), particulièrement le polyéthylène glycol (PEG). Une allergie au polysorbate est aussi une contre-indication en raison d’un risque de réaction croisée avec le PEG.

  • Les personnes recevant le vaccin doivent être surveillées pendant au moins 15 minutes après la vaccination.

 

 

Résumé concernant le vaccin MODERNA :

  • Ce vaccin est utilisé pour prévenir la Covid-19, maladie provoquée par le virus SARS-CoV-2.

  • Ce vaccin peut être administré chez les personne âgées de 18 ans et plus.

  • Ce vaccin utilise la technologie de l’ARN messager (ARNm). 

  • Cet ARNm code la protéine Spike du SARS-CoV-2. 

  • La réponse immunitaire en lymphocytes T et en lymphocytes B va générer des anticorps neutralisants pouvant contribuer à la protection contre la COVID-19

  • Deux injections par voie intramusculaire dans le muscle deltoïde (épaule) espacées de 28 jours (le délai pouvant être porté à six semaines) sont nécessaires pour être immunisé. L’immunité conférée après une seule dose est insuffisante.

  • L’ARNm utilisé est un ARNm de synthèse (non directement issu d’un virus) qui est inclus dans des nanoparticules lipidiques.

  • Cet ARNm est non réplicatif dans les cellules-hôtes c’est-à-dire qu’il ne peut pas se multiplier ni modifier le génome de vos cellules.

  • Le vaccin ne peut pas provoquer d’infection par le virus SARS-CoV-2 (la Covid-19).

  • Le vaccin n’est pas contre-indiqué en cas d’immunodépression, mais il est susceptible d’avoir une moindre efficacité dans cette situation.

  • Les essais cliniques ont montré́ que le vaccin assure une protection globale de 94,1% (IC95%, 89,3-96,8) contre la Covid-19. L’efficacité est de 95,6% (IC95%, 90,6-97,9) chez les personnes de 18 à 65 ans ; de 86,4 % (IC95% ; 61,4,95,2) chez les personnes ≥ 65 ans, de 82,4% chez les personnes (IC95% ; 48,9,93,9) ≥ 65 ans et < 75 ans.

  • Les bénéfices à se faire vacciner sont supérieurs aux risques d’éventuels effets secondaires, dans l’immense majorité des cas,

  • C’est compte-tenu d’une excellente balance bénéfice risque que la vaccination est recommandée. 

  • La protection débute 12 jours après la première dose mais elle est insuffisante et doit être complétée par une seconde dose indispensable 28 jours plus tard, le délai pouvant être porté à 6 semaines. 

 

 

Comme tous les médicaments, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables, mais ils ne surviennent pas systématiquement chez tout le monde !